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Événements

Nouvelle interface graphique du site (28/09/2008)

La nouvelle présentation du site francophone du Programme d'aide à la traduction et la Publication de la Littérature Japonaise (JLPP) est en ligne !

Programme JLPP 2008 d’aide à la traduction (10/06/2008)

En complément à notre précédent article, voici une présentation en français des ouvrages et des auteurs sélectionnés sur le thème du voyage.


Uchida Hyakken

(1889-1971)

Au-delà / Prise triomphale de Port-Arthur


Né le 29 mai 1889 à Okayama dans une ancienne famille de brasseurs de sake, de son vrai nom Uchida Eizō. Son nom de plume est un rappel de la rivière Hyakkawa de sa ville natale.

Pendant ses années d'études à l'université impériale de Tokyo, il est un disciple de Natsume Sōseki. Après après avoir obtenu un diplôme de Littérature allemande, il devient professeur d'allemand à l'école d'officiers d'infanterie, puis à l'école de la marine militaire, puis finalement à l'université Hôsei, où il enseignera 18 ans.

C'est là qu'il commence son activité d'écrivain. Dès son premier recueil de nouvelles Au-delà (Meido, 1922), il mêle fantastique et auto-dérision.

La célébrité vient avec les premières Notes du professeur Hyakkien (Hyakkien zuihitsu, 1933), des récits de caractère autobiographique mettant en scène le "professeur Hyakkien", déformation du propre pseudonyme de l'auteur. La réalité des faits rapportés n'est d'ailleurs pas la question essentielle, le genre zuihitsu ("mélanges" ou "écrits divers", renouvellement d'un genre humoristique et parodique classique) est surtout pour Hyakken un moyen d'induire une lecture autobiographique et tout à la fois de réfuter cette approche. Une forme littéraire qui recherche la profondeur par la voie du comique et de la dérision, en réaction au sérieux et au "vrai" ou à l'esthétisme recherché ailleurs par d'autres courants de la littérature du début du XXe siècle.

Il publia encore essais, nouvelles, romans et poésies, et est considéré comme l'un des maîtres d'une langue japonaise écrite portée à son niveau de perfection stylistique.

À la lumière de ses textes autobiographiques comme les Notes du professeur Hyakkien ou L'idiot en train (Ahō reisha) après guerre, Uchida Hyakken apparaît essentiellement comme un fils de famille élevé dans le goût des plaisirs, mais perdu dans une difficulté chronique à joindre les deux bouts, incapable par ailleurs d'arrêter d'entretenir des maîtresses, fin gourmet et roi des tappeurs, capable de pleurer à la mort de son chat mais incapable d'exprimer sa tendresse pour ses enfants quand il est avec eux, pour regretter de ne pas l'avoir fait quand il est trop tard, puis se laissant submerger par la culpabilité quand son fils tombe malade, sans pour autant bouger le petit doigt pour se réformer. Une sorte d'anti-héros du sentiment humain.

L'homme Uchida Hyakken devait pourtant présenter d'autres facettes, car il est également célèbre pour l'affection que lui prodiguèrent ses étudiants jusqu'à sa mort, quand il les recevait chez lui lors des rencontres du club « Ça y est-il ? » (Māda-kai, jeu de mot sur la phrase rituelle du jeu de cache-cache, et titre du dernier volet de son oeuvre autobiographique, qui sera adapté par Kurosawa Akira dans son tout dernier film Māda-dayo, c'est à dire « Pas encore ! »)

Parmi ses oeuvres les plus célèbres d'après-guerre: Nouveau rapport de ma cabane (Shin Daibon-chō), qui raconte ses souvenirs de la guerre du Pacifique, Je suis un chat: la fausse version (Nisesaku wagahai wa neko de aru), une parodie du célèbre roman de son maître Natsume Sôseki, et les trois volumes de la série L'idiot en train (Ahō reisha).

Admis en 1967 à l'Académie japonaise des Arts, il en démissionna pour la raison restée célèbre: "je ne veux pas parce que je ne veux pas !"

Cinq jours avant sa mort, le 20 avril 1971, sortait son dernier roman Les portes ferment à l'aube.

L'œuvre de Hyakken compte aujourd'hui de très nombreux lecteurs. Il peut être cité comme l'un des principaux représentant du modernisme japonais.

D'Uchida Hyakken a été publié en français :

  • « Airs bohémiens », tr. A.Rocher, in Anthologie de nouvelles japonaises contemporaines, Gallimard, 1986.

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